• La princesse Palatine

     

    Saviez-vous que les animaux étaient admis à la cour du roi soleil ?

     Le livre de Nicolas Milovanovic "La princesse Palatine protectrice des animaux" vous invite à découvrir la place qui leur était accordée à Versailles...

    Résumé :

    Les animaux de compagnie étaient nombreux à Versailles : chiens, chats, perroquets... Ils ajoutaient de la vie aux appartements d'apparat, n'hésitant pas à faire leur sieste sur les manteaux des dames, et jusque dans la chaise percée de Louis XVI ! Les chiens et les chats avaient droit à des écuelles en porcelaine fine, à des colliers ornés de pierres précieuses et à des niches en marqueterie de bois exotiques. Cet aspect de la vie à Versailles est aujourd'hui très peu connu. Il est ici redécouvert à travers la personnalité de la princesse Palatine, belle-soeur de Louis XIV. Dans ses nombreuses lettres, elle décrit avec verve et humour la cour de Versailles ainsi que sa passion pour les animaux. Son attitude témoigne d'une nouvelle sensibilité en opposition avec la froide théorie des " animaux-machines " de Descartes, alors admise dans les milieux savants, et que la princesse pourfend avec malice : " Quand vous êtes jaloux ", écrit-elle à un évêque cartésien, " êtes-vous machine ou homme, car après vous je ne connais rien de plus jaloux que mes chiens ? " Conservateur en chef du patrimoine au musée du Louvre, professeur à l'École du Louvre, Nicolas Milovanovic a travaillé durant onze années au château de Versailles. Docteur en histoire de l'art, il est l'auteur du Catalogue des décors peints des Grands Appartements de Versailles et du site internet consacré au décor peint de la galerie des Glaces. Avec Alexandre Maral, il a été commissaire des expositions Louis XIV : l'homme et le roi en 2009-2010 et Versailles et l'antique en 2012-2013.

     

    De sa participation à la vie de cour à Versailles, entre 1671 et 1722, la Palatine nous a laissé une extraordinaire correspondance où percent son franc-parler et ses antipathies notoires (elle surnommait Madame de Maintenon la « vieille ripopée ») mais aussi une réelle passion pour les animaux qui se double d'un engagement pour leur défense. Par exemple en critiquant la théorie de Descartes sur les « animaux-machines », simples « mécanismes d’horlogeries », vision qui prévalait alors dans toute l'Europe. A travers cet intérêt, c’est toute la place des animaux de compagnie à Versailles qui se dessine sous la plume de N. Milanovic, dans cet ouvrage sans précédent. Imaginez en effet le château traversé de chats, de chiens, de magots (ces petits singes), d'oiseaux rares, jappant, miaulant, caquetant... Ils participent à l’éducation des jeunes princes et ceux-ci s’y attachent durablement. Ils se font peindre avec leur petit chien préféré dans les bras ou auprès d’un oiseau ou d’un perroquet. La princesse Palatine amuse son petit-fils en lui donnant un spectacle approprié à son âge : « Un char de triomphe où est assise une chienne nommée Adrienne. Un gros chat traîne le char, un pigeon fait le cocher, deux autres font les pages, et un chien fait le laquais… ». Résultat : à la fin du XVIIe siècle, les animaux sont les maîtres de Versailles ! Chiens et chats ont droit à des écuelles en porcelaine fine, à des colliers ornés de pierres précieuses ou à des niches en marqueterie de bois précieux. Ils font leur sieste sur les belles robes des courtisanes qui s’en plaignent. Un gros chat eut même l’idée de se lover au fond de la chaise percée de Louis XVI, ce qui provoqua une scène très drôle lorsque le roi voulut se soulager. Louis XV et Marie Leszczynska, eux, sont fous de leurs chats et réprimandent tous ceux qui ne les respecteraient pas ! Mais la Princesse ira plus loin encore en éduquant les esprits et sensibilisant ainsi à la douleur de l’animal auquel on ne reconnaît plus désormais qu’une différence de degré par rapport à l’homme. Cette attention nouvelle préfigure la naissance des premières sociétés protectrices des animaux au XIXe siècle.

     

     

    Louis XIV adorait les chiens, en particulier les Braques dont les niches se logent au milieu des somptueux objets d'art des salons d'apparat...D'ailleurs chiens et chats (essentiellement des angoras) n'hésitent pas à faire leur sieste sur les manteaux des dames et mangent dans des écuelles en porcelaine fine! Le luxe ne s'arrête pas là : ils portent des colliers ornés de pierres précieuses et font leur sieste bien au chaud dans leurs niches en marqueterie de bois exotiques.

     

    Louis XIV ne supporte pas par contre les épagneuls nains de sa belle soeur, la princesse Palatine qu'il surnomme les "chiens de filles". Cette dernière leur voue pourtant un véritable culte et s'entoure toujours d'une douzaine  de ses animaux adorés lorsqu'elle se déplace. Elle leur accorde d'ailleurs une place considérable dans sa correspondance, quelque 60000 lettres décortiquées pour cet ouvrage, et confie ainsi un formidable témoignage de leur nouvelle importance dans ce siècle de Descartes pour lequel les animaux ne sont que des machines... Tout au contraire, la princesse Palatine s'accorde avec le philosophe Leibniz qui leur reconnaît pour la première fois une âme. 

     

     

    Découvrez dans ce livre qui appartient à la collection "Les métiers de Versailles" de nombreuses anecdotes savoureuses comme celle-ci : un jour un chat s'était glissé jusque dans la chaise percée du roi pour y passer une sieste confortable : le roi ne s'en est pas aperçu...Je vous laisse deviner la suite !

     

     

    « Coup de gueule Les secrets du Louvre »

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