• Le Paradis des chats

     

    Chat d'enfer, mais aussi chat de paradis… Ambiguïté du chat, que les plus grands peintres des dynasties chinoises ont associé au parfum des pivoines, au chatoiement de la soie, et qu'au Japon les dames de la cour impériale retenaient précieusement d'un souple ruban rouge ; chat que tout destine à la douceur et à la beauté, et qui brusquement tue... mensonge, hypocrisie ? Non, le chat est du ciel autant que de l'enfer ; dans la fente de ses yeux, un vieux peintre - dit-on - pouvait reconnaître l'heure et l'intensité de la lumière.

     

    Biographie de Nelly Delay :

    Nelly Delay, historien d'art, diplômée de l'école du Louvre, a été critique d'art à Combat et dans différentes revues suisses et italiennes avant de se spécialiser, depuis 1963, dans l'étude de l'art japonais ancien. Elle a organisé à paris, de 1974 à 1984, des manifestations d'art japonais pour lesquelles elle a publié des textes sur des sujets peu explorés : Le Dessin japonais du XVIIIe au XIXe siècle , Les Objets tranquilles ou l'art de la nature morte dans les estampes surimono, Les Peintures de cour au XVIe siècle inspirées du Genji monogatari, et plus récemment Japon - Occident - l'influence du Japon sur l'art occidental . Depuis 1989, elle se consacre à des publications et à des conférences dans le cadre de différents organismes culturels et de l'OCDE.

    Estampe japonaise d’Utagawa KUNIYUSHI

    Avec le paradis des chats, Nelly Delea signe un court essai sur la perception de cet animal à la fois si familier et toujours mystérieux, en Asie, et en particulier au japon. Ce petit ouvrage intéressant est orné de plusieurs représentantions de chat réalisées par des artistes reconnus.

     

    Nelly Delay évoque la perception du chat dans les diverses régions de l'Asie, de l'Inde au Japon. Elle rappelle en premier lieu que cet animal est originaire d'Afrique, où il fut d'ailleurs vénéré sous les traits de la déesse Bastet dans l'Égypte antique.
     Traditionnellement, ils sont rattachés à la nuit et à l'étrange qui en découle. D'où une perception et des rapports marqués par une ambiguïté certaine. le chat représente à la fois la douceur (fourrure, ronronnement, ...) et la violence  (versatilité de l'humeur, griffe véloce et cruauté envers ses victimes). Il est aussi le roi de l'entre - deux monde, une patte dans notre réalité, une autre dans le monde surnaturel. Il apparaît alors soit en tant que gardien de l'équilibre entre ces univers, soit comme entité maléfique douée de métamorphoses et pouvant même prendre forme humaine.
    L'auteure analyse dans cet ouvrage  la symbolique du chat en matière de croyances, traditions et religions. Elle donne des exemples tirés de mythes et légendes, comme celle du manukineko au Japon ou celle de l'origine du chat sacré de Birmanie.
    Enfin, elle s'intéresse à l'art et  fournit des clés de compréhension pour mieux comprendre les œuvres picturales nippones.

    Un petit ouvrage de 87 pages joliment illustré qui se déguste d'une traite.

     

     Gotokuji à Tökyô - le temple des chats à Tökyô

     

    Extrait :

     

    Le Japon est probablement un des seuls pays D'Extrême-Orient où un temple soit consacré au chat le Gotokuji à Tökyô.Dans le sanctuaire, il est représenté, assis, une patte levée en signe d'accueil : cette position fait allusion à une très ancienne légende qui a pour cadre un temple qui se trouvait en ce même lieu.

     

    Au XVII siècle à cet emplacement se trouvait un temple bouddhiste,

    habité seulement par très vieux et très pauvre moine

    ayant pour seule compagnie un chat.

     

    une nuit d'orage une troupe escortant le ministre Li Naotaka, cherchant un abri, se présenta devant le temple ; un chat qui était assis sous l'auvent  leva la patte pour leur faire signe d'approcher ; ils entrèrent. Le moine et le chat leur prodiguèrent la plus attentive hospitalité jusqu'au lever du jour. La pluie ayant cessé, la troupe repris son chemin ; mais le noble Naotaka n'eut de cesse de s'acquitter de cette dette d'honneur envers un pauvre vieillard et son chat pelé et maigre.

    Il fit restaurer le temple qui devint et demeure aujourd'hui un lieu culte prospère, entouré par le cimetière de la célèbre famille Li. Parmi les sépultures de tant de personnages illustres se trouve la tombe d'un chat, surmontée d'une sculpture de l'animal devant laquelle les pélerins brûlent en permanence de l'encens, de nombreuses autres stèles de chats l'entourent.

     

     

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