• Matou vu !

    Plébiscité par les Français, le chat domestique est suspecté de faire des dégâts sur la petite faune suburbaine.

    Et ce d’autant plus que la population de matous a plus que doublé en 20 ans.

     

     

    Quatre pattes, de belles moustaches et une gueule à vous faire tomber par terre : les chats, nouvelles vedettes du Salon de l’agriculture cette année, exercent sur les Français un pouvoir de séduction inégalé. La preuve par les nombres : selon les sources, les foyers hexagonaux accueilleraient entre 12 et 13,5 millions de félidés [1], sans compter les minous libres et autres matous de gouttière errant dans la nature par millions. Autre donnée démographique : «En vingt ans, le nombre de chats a presque doublé», nous assure l’écologue Philippe Clergeau, professeur au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). De quoi donner matière à interrogation aux scientifiques : la présence massive de ce prédateur dans nos banlieues et campagnes a-t-elle des conséquences néfastes pour la biodiversité ?

     

    Des craintes de ce type ont en effet déjà été formulées à l’étranger. C’est le cas aux Etats-Unis où une étude parue dans Nature en 2013, à la méthodologie statistique inédite mais contestée, s’inquiétait des ravages du chat domestique outre-Atlantique. Selon ses auteurs, le prédateur serait ainsi responsable de la mort de 1,3 à 4 milliards d’oiseaux et 6,3 à 22,3 milliards de petits mammifères chaque année. Des prédations gargantuesques corroborées depuis par différentes recherches qui accusent le félidé, introduit un peu partout dans le monde depuis 500 ans, de l’extinction, dans certaines régions du monde (principalement des îles), de dizaines d’espèces vertébrées (oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens) comme le bandicoot-lapin à queue blanche, un petit marsupial australien.

    Mais qu’en est-il en France ? A l’heure actuelle, les données scientifiques pour prouver les dommages causés par nos matous sont lacunaires. Néanmoins une étude menée par des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle avec la participation des naturalistes de la Société française d'étude et de protection des mammifères (Sfepm), la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et de citoyens évalue en ce moment même la prédation féline sur les écosystèmes périurbains (autrement dit, dans les jardins périurbains). «Nous ne sommes pas encore capables d’évaluer l’impact réel des chats sur la petite faune, mais selon nos premiers résultats, depuis dix ans, le nombre de retour de bagues d’oiseaux de jardins tués par des chats a augmenté de 50 à 100%», souligne le professeur Philippe Clergeau.

    Cocktails de fléaux

    En d’autres termes, la mortalité des petits passereaux comme le merle noir ou le rouge-gorge a presque doublé dans les jardins pavillonnaires ces dernières années, ces deux espèces étant les proies plumées favorites de nos minets. A noter que parmi les dizaines de milliers d’animaux morts rapportés aux scientifiques, un quart était des oiseaux, principalement des petits granivores et insectivores et les deux tiers des petits mammifères. «Ce n’est pas comparable à l’Australie, mais il faut que les propriétaires prennent conscience que le chat est un prédateur sans aucun autre prédateur, soulève Anne-Laure Duget, de la LPO. Au regard de l’état endommagé de la biodiversité, il ne peut qu’accentuer les dégâts sur la petite faune.»

     

    Or, comme le soulignent les naturalistes, cette petite faune périurbaine hexagonale, par exemple les 33 espèces différentes de chauves-souris, peut localement être déjà très vulnérable, voire menacée d’extinction, la prédation féline aggravant le déclin des populations dû à un cocktail de fléaux comme les pesticides, les aménagements urbains peu regardants ou la circulation automobile. De quoi faire des chats le nouvel ennemi public de la biodiversité française ? On n’en est pas là et des solutions, comme des aménagements spécifiques, existent à portée de clic pour préserver les musaraignes, les mésanges et les lézards de nos banlieues et campagnes. 

    Enquête de mai 2016 de la Fédération des fabricants d’aliments préparés pour chiens, chats, oiseaux (Facco).

     

    Article de Florian Bardou / Libération - le 4 mars 2018 

     

     

    V a l o u

     

    Des solutions concrètes pour limiter l'impact des chats  

    sur la petite faune des jardins : 

     

     

    « Fusion Insolites »

  • Commentaires

    1
    Marie-claude
    Dimanche 11 Mars à 15:15

    Depuis des années on constate qu'il y a moins d'oiseaux, que certaines races disparaissent peu à peu comme les hirondelles pour ne citer qu'elles. Les chats ne sont pas les uniques coupables on le sait, les hommes grands destructeurs de la nature sont les premiers responsables. Ils détruisent les abeilles, les papillons, d'autres insectes utiles et les animaux des forêts, tout cela pour leur propre intérêt. Qu'attend-on pour réagir ?

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