

Le paon, cet oiseau originaire d’Asie dont le mâle se reconnaît à sa chatoyante robe bleu vert, à son aigrette en couronne et à sa longue queue aux plumes ocellées que l’animal redresse et déploie en éventail – il fait la roue – séduit non seulement la femelle avec de tels attraits mais captive aussi l’attention de tous y compris des photographes.




Même si l’on a longtemps cru que sa queue pour la moins encombrante avec des plumes pesant 300 grammes et dont la taille peut atteindre plus de 1,5 mètre pouvait constituer un handicap pour l’animal, il n’en est rien…


En effet, leurs performances ne sont nullement affectées ni au décollage ni en vol et encore moins à l’atterrissage comme on peut le constater dans la vidéo ci-dessous. Un exercice qu’il pratique en commençant à courir et à voltiger dans l’air dès qu’il sent un danger, celui-ci pouvant atteindre une vitesse de 16 km/h ce qui est stupéfiant pour un oiseau de cette envergure.



Le magnifique plumage du paon



Le paon
(Jules Renard)

Il va sûrement se marier aujourd’hui.
Ce devait être pour hier. En habit de gala, il était prêt. Il n’attendait que sa fiancée. Elle n’est pas venue. Elle ne peut tarder.
Glorieux, il se promène avec une allure de prince indien et porte sur lui les riches présents d’usage. L’amour avive l’éclat de ses couleurs et son aigrette tremble comme une lyre.
La fiancée n’arrive pas.
Il monte au haut du toit et regarde du côté du soleil. Il jette son cri diabolique :
Léon ! Léon !
C’est ainsi qu’il appelle sa fiancée. Il ne voit rien venir et personne ne répond. Les volailles habituées ne lèvent même point la tête. Elles sont lasses de l’admirer. Il redescend dans la cour, si sûr d’être beau qu’il est incapable de rancune.
Son mariage sera pour demain.
Et, ne sachant que faire du reste de la journée, il se dirige vers le perron. Il gravit les marches, comme des marches de temple, d’un pas officiel.
Il relève sa robe à queue toute lourde des yeux qui n’ont pu se détacher d’elle.
Il répète encore une fois la cérémonie.


