

"la sagesse des chats"
de Julia Deuley.

Un joli livre qui évoque
avec beaucoup de poésie et d'élégance
la sagesse légendaire des chats

Le silence des anges
(extrait qui a déjà été installé sur un ancien blog du Prasmel)

Quand le Très-Haut eut créé l'immense philharmonie des anges,
il fallut procéder à une délicate sélection, afin d'utiliser les musiciens
célestes au mieux de leurs talents respectifs


Les séraphins et chérubins -
Le nec plus ultra de la hiérarchie angélique -
prétendirent aussitôt assurer la musique des sphères supérieures.

D'autres se déployèrent dans l'espace en phalanges lumineuses pour
bourdonner éternellement parmi les grands essaims de nébuleuses, butinant le vide interstellaire.
Certains archanges d'humeur guerrière et de nature farouche
déchaînèrent leurs percussions vociférantes et leurs cuivres
sauvages au cœur des raz de marée, séismes, tornades et tonnerre.
.

Beaucoup formèrent des chœurs incandescents
afin de chanter la gloire du seigneur, de diffuser sa louange
et de célébrer sa splendeur jusqu'aux confins du non-être.
D'aucuns choisirent modestement les minuscules mélodies
du temps qui passe, ritournelles de la pluie et des brises,
bruissement des vagues, cliquetis des cailloux sur la grève,
mélopée feutrée des flocons en hiver, grésillement des braises et
sifflement de l'eau qui bout dans la théière

Il y en eut qui prirent leur violon pour entonner
le grave oratorio de la souffrance universelle, sanglots des mères,
gémissements des réprouvés, hurlements des suppliciés

Quelques angelots espiègles et mutins revendiquèrent les rires d'enfants
.
D'autres, se parant du titre d'anges gardiens,
composèrent la petite musique de la conscience,
la valse chaloupée du bien et du mal

Certains anges cependant paraissaient s'enfermer dans un mutisme étrange.
- Quelle partition voulez-vous donc ? Leur demanda le Très-Haut.
- Seigneur, celle qu'il y a entre les notes La musique du silence...

L'Eternel les envoya sur terre, sous la forme des chats , d
dont les ailes s'ouvrent toutes grandes chaque nuit, quand nul
regard humain n'est là pour les surprendre.

