Sacré chat ou chat Sacré


Brigitte Fontaine, amoureuse méconnue des chats,
nous livre avec délice cette vingtaine de textes écrits d'une plume vive,
alerte et débridée, mélangeant nouvelles,
contes érotiques, poèmes épiques et anecdotes.
Sempé, ami de longue date, s'amuse au jeu du contre-emploi.

Chat
doux penseur
calme empereur
chat dédaigneux
tendre et fiévreux
petit volcan

Brigitte Fontaine

Comment est née la sonate intitulée la « fuga del gatto »
(La fugue du chat ) de Domenico Scarlatti ?
Nous sommes dans les années 1730 à la cour du roi d’Espagne à Madrid, l’infante Maria Barbara du Portugal vient d’en épouser le roi et est donc venue de Lisbonne avec sa suite.
Ses servantes, sa vaisselle, ses couturières et son musicien, dit alors maître de musique, profession importante s’il en est au point que le Bourgeois Gentilhomme de Molière ne pourra pas imaginer son entrée en noblesse sans passer par les leçons de ce type de professeur d’excellence…
Le musicien de la reine, Domenico Scarlatti, est comme un coq en pâte, il est juste payé pour faire la musique qu’il aime et il gagnera probablement bien sa vie puisqu’à sa mort, 555 sonates et fugues auront été écrites.
Ce musicien de la Reine d’Espagne avait un chat. Une chatte, d’ailleurs, Pucinella. Un jour, Pucinella marche sur le clavier du musicien.
On imagine que tout de suite, les quatre ou cinq notes jouées par le chat donnent une idée à Domenico Scarlatti , elles deviennent le thème de ce qui sera la fugue en sol mineur L 499.
Elle est très connue parmi les 555 autres compositions de cet homme, car justement, elle s’appelle « La fugue du chat »… La « fuga del gatto », le musicien est évidemment italien
Domenico Scarlatti (1685 - 1757) a tellement écrit qu’il faudra attendre les années 1950 pour que la totalité de son œuvre soit enregistrée,
la fugue du chat est l’une des pièces les plus connues…


" La passion est encore ce qui aide le mieux à vivre."

Dans le rude univers des Rougeon-Macquart, on n'imagine pas la place
pour les animaux, et les chats en particulier. Pourtant, Emile Zola (1840-1902)
avait la passion des chats, et il en mis quelques-uns en scène dans ces
plus célèbres romans.

Le rêve secret de l'auteur de Germinal aurait été de rassembler,
à travers son oeuvre, une véritable arche de Noé, car affirmait-il :
"Je suis un ami des bêtes et, dans mes livres, j'ai mis la vie totale :
les bêtes et les hommes." Zola racontait volontiers que lorsque,
étant jeune écrivain, il vivait dans une chambre parisienne,
il la partageait avec cinq ou six chats.

Quand le succès lui permis de s'installer en banlieue, à Médan,
il en eut tout un groupe.

Maison d'Emile Zola à Médan.

" Les chats, je les aime fort, ils furent mes favoris ", confiait-il.

On retrouve un reflet de ceux qu'il aima dans plusieurs textes, dont
Le Paradis des chats, un des nouveaux contes à Ninon, où un chat de
maison tente de suivre les enseignements d'un matou de gouttière puis
y renonce, effrayé par le danger extérieur, préfèrant le confort et
l'assurance d'un repas quotidien à une liberté totale.



