Il était une fois, il y a bien longtemps, un jeune garçon qui s'appelait Xuân (ce qui veut dire "printemps"). Xuân possédait un animal qui lui était très cher et dont il prenait grand soin. Cet animal était un chat, que Xuân appelait "Mêo" (ce qui signifie "chat").
Un jour que Xuân observait son chat, il se dit : « Vraiment, quel dommage de donner un nom si commun à un animal si noble et si joli ! »
Et Xuân réfléchit à un nouveau nom pour son chat. « Ça y est !, se dit-il soudain. Je vais appeler mon chat Soleil. Le soleil n'est-il pas en effet l'astre le plus puissant, sans lequel rien sur Terre ne pourrait vivre ? »
Et Xuân, tout joyeux, se mit à appeler son chat : « Soleil ! Soleil ! »
Or le voisin de Xuân, qui passait par là, entendit le garçon appeler son chat, et il se mit à rire. « Est-ce ton chat que tu appelles ainsi ?»
Xuân répondit, un peu penaud : « J'ai décidé que le nom de "chat" était bien trop commun pour un si noble animal. Aussi ai-je décidé d'appeler mon chat "Soleil", car c'est lui le maître du ciel, et nul n'est plus puissant que lui.»
Le voisin de Xuân répondit alors : « Oui, tu as raison. Mais, dis-moi, Xuân, le soleil n'est-il pas caché à notre vue dès qu'un nuage passe devant lui ? » « Tu as raison, voisin, s'écria aussitôt Xuân. Je n'y avais pas pensé. Grâce à toi, mon chat s'appelera "Nuage", celui qui peut cacher le soleil ! »
Le voisin répondit alors : « Sage décision, Xuân. Mais ne semble-t-il pas que, d'un seul souffle, le vent peut chasser le nuage ?» « Tu as raison, voisin. Le nuage ne peut résister au vent. J'appelerai donc mon chat "Vent" !»
De nouveau, le voisin sourit. Il reprit : « Bien décidé, Xuân. Mais une chose me tourmente : le vent ne peut rien contre un solide mur de brique, il souffle et souffle, et le mur résiste. » « Oh la la, fit Xuân en s'épongeant le front, tu as encore raison. Un mur, voilà qui est solide et puissant. C'est ainsi que je nommerai mon chat désormais. »
« Mais dis-moi, Xuân, le mur, est-il vraiment si solide ? Une simple petite souris peut l'abattre, rien qu'en le creusant petit à petit ! » Xuân eut un air abattu. « Heureusement que tu es là, voisin. Quelle sottise j'allais faire ! Eh bien, c'est décidé, mon chat s'appelera "Souris". »
Le voisin sourit alors de plus belle. « Mais, Xuân, je connais quelque chose que la souris fuit par-dessus tout. » Xuân demanda aussitôt : « Quoi donc ? Dis-le moi, voisin. »
« Eh bien, dit le voisin, une souris s'enfuit sur le champ dès qu'elle voit un chat ! » Et le voisin se mit à rire à gorge déployée.
Xuân, tout penaud, regarda son chat, et finit par rire lui aussi. « Je me creusais le crâne pour te trouver le nom le plus puissant qui existe, dit Xuân à son chat, alors que tu l'avais déjà !»
Et encore maintenant, au Viêt-Nam, les chats s'appellent "Mêo" ("chat").
Le lait Tout d'abord, de son nez délicat il le flaire. Le frôle ; puis, à coups de langue très petits, II le lampe, et dès lors il est à son affaire ; Et l'on entend, pendant qu'il boit un clapotis.
Il boit, bougeant la queue, et sans faire une pause, Et ne relève enfin son joli museau plat Que lorsqu'il a passé sa langue rêche et rosé Partout, bien proprement débarbouillé le plat.
Alors, il se pourlèche un moment les moustaches Avec l'air étonné d'avoir déjà fini ; Et, comme il s'aperçoit qu'il s'est fait quelques taches, II relustre avec soin son pelage terni. Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ; II les ferme à demi, parfois, en reniflant, Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes, Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.
Arrachez quelques herbes folles Sur les tempes des collines Prélevez une poignée de neige Aux épaules des montagnes Saupoudrez quelques pétales De fleurs de nuit de fleur de jour Mélangez les ingrédients Vous obtiendrez assurément Le paysage de vos rêves.