
« Aimer un chat, c’est aimer un être libre ».

La vie plus un chat


Présentation du livre :

Vous ne l'avez pas entendu arriver, vous étiez tranquillement installé dans votre existence sans chat, vous viviez plus ou moins agréablement. Et puis un jour il est là, surgi de nulle part, brusquement incarné, ayant pris forme dans cet instant. Ce n'est pas une aumône qu'il espère de vous, non, c'est bien plus. Il désire un engagement total de votre part, il vous demande si vous voulez bien partager votre vie avec lui, rien de moins. Quand un chat couleur de nuage apparaît un jour dans le jardin d'une maison de ville, il s'ensuit un coup de foudre entre la maîtresse des lieux et lui, puis une vie faite de menus événements qui constituent comme la biographie d'un chat. La narratrice s'y enchante de la beauté, de la grâce toujours renouvelées que son compagnon inattendu introduit dans le cours de sa vie". Tout en vous appartenant maintenant, il reste un peu dehors, et cela fait toujours : la vie plus un chat. Ce qui donne, je vous assure, une somme énorme". C'est ainsi que le poète Rainer Maria Rilke écrivant pour l'enfant amoureux de chats qui allait devenir le peintre Balthus saisit en quelques mots la forte relation, faite de familiarité et d'étrangeté, qui peut lier un humain et un chat. La vie plus un chat, c'est aussi la vie plus la poésie qui émane de lui, la vie plus la rêverie qu'il éveille, la vie plus l'interrogation qu'il suscite. Qui donc est-il, cet être devenu si proche et qui demeure cependant si mystérieux ? Que nous apprend cet Autre ? Qu'a-t'il à nous donner, ou peut-être même à nous dire, à nous, les humains, si facilement persuadés de notre place centrale dans le tissu du vivant ? Par petites touches, le récit entraîne le lecteur dans un univers où le chat Petit-Gris, plein de charme et de légèreté, sera un véritable guide conduisant vers une méditation sur la beauté, la tendresse, l'altérité, et finalement, sur la vie et la mort.

Biographie de l'auteur
Chantal Detcherry recevra en 2016 le Prix Yolande Legrand (Prix ARDUA) pour l'ensemble de son oeuvre.
Une mère autrichienne mélancolique et fantasque a donné à Chantal Detcherry le goût profond de la nature, la compassion pour les bêtes, le respect de la vie la plus infime. Un père landais bûcheron, résinier puis vigneron, a suscité en elle l'admiration pour le travail bien fait et la simplicité du geste. Cette origine rurale en terre d'Aquitaine lui a légué un puissant intérêt pour les vies humbles, pour le cycle des saisons, pour le silence, pour la contemplation. Mais dès l'enfance, Chantal Detcherry découvre aussi la séduction de la littérature : la passion des histoires, de l'imaginaire, de la pensée, de la culture. Le goût des mots, leur beauté, leur multiplicité, vont l'arracher à sa condition première de fille de paysan. C'est aussi dans la littérature qu'elle contractera la passion de l'ailleurs qu'elle côtoie également dans sa vie professionnelle puisqu'elle enseigne la littérature française aux étudiants étrangers. De nombreux voyages, en Europe, en Afrique, et surtout en Asie nourrissent sa nature rêveuse et son écriture. Elle s'y découvre plus intensément humaine dans la rencontre des cultures multiples et de l'altérité. Outre la littérature, elle se sent concernée par nombre de formes d'art, mais elle est animée d'une curiosité passionnée pour les arts populaires et naïfs, pour les arts "bruts" ou "sauvages" ainsi que pour les arts Premiers, curiosité qu'elle relie à un goût de l'ethnologie, et aussi à une interrogation sur les origines, à la fois celles du monde, et les siennes propres. Le deuil lui a enseigné que ce sont les choses les plus simples qui sauvent et constituent le coeur de l'existence. Que l'essentiel est de se retrouver au plus près de sa propre vérité. Que pour être au monde, la poésie mise en pratique à chaque instant est un idéal à cultiver.

Extraits du livre :
J’abrite dans mon cœur un visage triangulaire couleur de nuée,
des yeux de raisins verts, un petit corps souple et fourré.
Cet amour s’est emparé de moi, et c’est comme au premier jour.
Nulle altération dans le ravissement qui me saisit chaque fois que je le vois.

Cela fait douze ans que nous vivons ensemble, lui et moi. Douze ans, et aucune dispute entre nous. Peut-être a-t-il des choses à me reprocher – des visites désagréables et que je juge obligatoires pour sa santé par exemple – mais quant à moi, non, je n’ai jamais ressenti aucun désaccord avec lui, j’ai la chance de partager la vie d’un être parfait.

Cela fait douze ans que nous voguons sur un petit nuage, mon chat et moi.

V A L O U


« Une des qualités essentielles du chat, c’est qu’il est poétique.
Vivre avec un chat, c’est ajouter de la poésie dans sa vie ».
Chantal Detcherry
